Lien internet: video

Une page internet intéressante sur laquelle vous pouvez visionner une vidéo.

http://www.canal-u.education.fr/canalu/chainev2/utls/vHtml/0/programme/989661/canalu/affiche/

Voilà c'est pour ceux qui n'ont pas la bonne version de l'histoire, un lien pour que vous compreniez la guerre d'Algérie et qui sont les harkis.

Résumé

La compréhension et l'analyse de la guerre d'Algérie sont complexes et bien souvent faussées car ces événements sont considérés de manière unilatérale.
Il convient au contraire d'analyser l'interaction et l'interdépendance des deux camps ainsi que l'engrenage de la violence qui en est résulté. Qui a commencé ? Incontestablement le FLN par son insurrection du 1er novembre 1954 et ses chefs ont clairement revendiqué la responsabilité de leur initiative.
Mais il faut aussi noter qu'ils la voyaient comme une riposte nécessaire à la violence et à l'injustice du régime colonial établi par la force depuis 1830. Une riposte face à l'impossibilité démontrée d'une émancipation pacifique par la voie légale. Mais la recherche du premier responsable, de la première violence est vaine. Il appartient aux historiens de tenir compte de toutes les victimes et d'expliquer leur sort tragique.

# Posté le lundi 29 mai 2006 17:21

Modifié le dimanche 11 mars 2007 08:23

Un monument de plus

Un monument de plus
Monument national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie
Quai Branly
Paris VIIe, France – 8 mai 2003
Constitué de trois colonnes hautes de six mètres, les afficheurs électroniques du monument font défiler par ordre alphabétique les 22959 noms des soldats morts pour la France.

Il a été innauguré par le président de la République Jacques Chirac le 5 décembre 2002.

# Posté le dimanche 19 mars 2006 16:38

Le massacre des harkis

Le massacre des harkis
Loin d'oublier ces temps abominables, il faut les remettre fréquemment sous nos yeux" (°)

Privés par les Accords d'Evian de la nationalité française (1), dépouillés de leurs armes, sans protection de l'armée française qui a reçu l'ordre express de ne pas intervenir pour leur porter secours, isolés dans leurs villages au sein d'une population souvent hostile, les harkis sont à la merci de l'ALN (Armée de Libération Nationale), dont les troupes qui étaient stationnées en Tunisie et au Maroc, entrent en Algérie, après l'intervention du cessez-le-feu du 19 mars 1962. En nombre et avec leurs armes. Dans un premier temps, le nouveau pouvoir algérien alterne promesses d'amnistie et menaces. Puis les sévices, les assassinats, les enlèvements commencent, souvent du fait des "Marsiens", combattants de la 25ème heure qui veulent racheter leur passivité antérieure. Les harkis sont arrêtés et abattus. En masse, lors des deux principales vagues de répression en été et en automne 1962. Quelquefois par unité entière, par village entier, par famille entière, les femmes et les enfants n'étant pas épargnés. Les massacres perpétrés sont d'une barbarie et d'une ampleur sans précédent.

L'HORREUR DES MASSACRES

Les supplices qui précédent la mort sont d'une cruauté inouïe et peuvent durer plusieurs heures, quelquefois plusieurs jours : corps ébouillantés, dépecés, enterrés ou brûlés vifs, énucléations, membres découpés en lanières et salés, anciens combattants contraints d'avaler leurs médailles avant d'être brûlés vifs dans le drapeau français...
Selon des témoignages rapportés par Camille Brière (2) "certains harkis furent crucifiés sur des portes, les yeux crevés, le nez et les oreilles coupés, la langue arrachée, systématiquement émasculés... D'autres furent dépecés vivants à la tenaille, leur chair palpitante jetée aux chiens... Quant aux familles, voici ce qui les attendait : des vieillards et des infirmes étaient égorgés, des femmes violées puis éventrées, des nourrissons, des jeunes enfants avaient la tête écrasée contre les murs sous les yeux de leur mère..."
Dans un compte-rendu destiné à sa hiérarchie, M. Robert, sous-préfet en poste à Akbou, arrondissement situé en Kabylie, dresse de façon précise et détaillée la chronique macabre des exactions - supplices, assassinats, enlèvements, viols collectifs, enfermement dans des camps - subies par les harkis et leurs familles dans sa circonscription après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, jusqu'à la fin décembre 1962. Il note parmi les victimes "la proportion non négligeable de civils qui est de l'ordre d'un tiers, constitué d'élus de tous rangs, de chefs de villages, d'anciens combattants..." (3). S'agissant d'un document officiel, établi par un haut fonctionnaire concernant des faits dont il a été amené à avoir connaissance dans l'exercice de ses fonctions, il ne peut être soupçonné d'exagération.
L'aspect cathartique des massacres est souligné par Mohand Hamoumou (4) : "la plupart furent humiliés et torturés publiquement, longuement avec un luxe de raffinement dans l'horreur. La mort était une délivrance, d'où la recherche de morts lentes pour faire durer l'expiation. Le supplice est destiné à rendre infâme celui qui en est la victime et à attester le triomphe de celui l'impose. Plus le doute est permis sur le l'infamie de l'accusé plus le supplice doit être démesuré pour persuader l'assistance de la culpabilité de la victime".
D'autres sont faits prisonniers et enfermés dans des camps (5), dans lesquels la Croix Rouge recensera, en 1965,
13 500 personnes. Certains seront employés à des taches dangereuses telles le déminage, à mains nues, avec une jambe coupée préventivement. D'autres enfin sont enlevés : ce sont ainsi des milliers de harkis et de pieds-noirs qui disparaissent dès après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, puis au cours des deux principales vagues de répression qui interviennent en été et en automne 1962, et de celles qui interviendront plus tard entre 1963 et 1966. Sans que les autorités françaises pourtant souvent informées des lieux de leur détention ne s'en inquiètent, et donnent même des ordres pour qu'aucun secours ne leur soit apporté (6), et pour que soient sanctionnés ceux des militaires, souvent anciens responsables de SAS, qui de leur propre initiative, achemineront leurs hommes et leurs familles vers la métropole et vers le salut (7). Et pour que soient chassés des bateaux les harkis qui auront embarqué clandestinement, et renvoyés en l'Algérie ceux qui seront parvenus à rejoindre clandestinement la France... (8)

L'AMPLEUR DES MASSACRES : 150 000 VICTIMES

Les chiffres peuvent toujours donner lieu à controverse. Il est cependant possible d'avancer le nombre de 150 000 victimes, en s'appuyant sur différentes estimations rappelées notamment par Abd-El-Azziz Meliani, (9) et par Mohand Hamoumou (4) : celle du service historique des armées qui, dans une note officielle en 1974, estime à environ 150 000 le nombre des harkis disparus ou assassinés ; celle du chef du 2ème bureau à Alger qui retient également ce chiffre de 150 000 ; celle de monsieur Robert, sous-préfet d'Akbou, qui dans le compte-rendu officiel où il relate les faits survenus dans son arrondissement après le cessez-le-feu, fait état de 2000 victimes en moyenne par arrondissement, soit 150 000 environ pour les 72 arrondissements algériens (3) ; celle de l'historien Guy Pervillé qui situe ce chiffre entre 30 000 et 150 000 ; celle d'Anne Heinis qui, dans un mémoire de 1977 sur l'insertion des français-musulmans (10) situe également ce chiffre entre 30 000 et 150 000 ; celle enfin d'André Santini Secrétaire d'Etat aux Rapatriés en 1986-1988 qui, pour les harkis et les pieds-noirs massacrés ou disparus au moment de l'indépendance de l'Algérie, donne les chiffres de 150 000 et 10 000.
Dans un rapport officiel de mai 1962 le contrôleur général monsieur de Saint-Salvy a pu écrire : "les crimes de guerre commis en Algérie depuis le 19 mars 1962 sont sans précédent depuis la dernière guerre mondiale, dépassant tout ce qui avait pu être constaté en Asie ou en Afrique noire" (10). De ces crimes de guerre, l'Etat français s'est rendu coupable de complicité par sa passivité volontaire, alors qu'il connaissait parfaitement la situation et qu'il disposait encore des moyens militaires suffisants en Algérie pour protéger et secourir ses ressortissants.

(1) Les accords d'Evian
Rubrique Histoire
(2) Camille Brière "Qui sont les harkis ?"
Editions de l'Atlanthrope
(3) Compte-rendu officiel du sous-préfet d'Akbou
Rubrique Histoire : Documents
(4) Mohand Hamoumou "Et ils sont devenus harkis"
Editions Fayard
(5) Témoignages concernant les camps de prisonniers et les enlèvements
Rubrique Histoire : Documents
(6) Circulaire de Louis Joxe
Rubrique Histoire : Documents
(7) Directive du colonel Buis
Rubrique Histoire : Documents
(8) La Responsabilité de l'Etat français
Rubrique Histoire
(9) Abd-El-Azziz Meliani dans "La France honteuse. Le drame des harkis"
Editions Perrin
(10) Anne Heinis " L'insertion des français-musulmans "
Montpellier III thèse de troisième cycle 1977
(11) Rapport officiel de mai 1962 du contrôleur général Monsieur de Saint-Salvy
cité par Abd-El-Azziz Meliani dans "La France honteuse. Le drame des harkis"
Editions Perrin
(°) Voltaire

# Posté le lundi 30 janvier 2006 11:07

Modifié le lundi 09 juillet 2007 07:08

Ils ont dit...

Maurice ALLAIS, prix Nobel d'Economie
- Les Harkis : un impérieux devoir de mémoire. (Ré-édition de "l'Algérie d'Evian" - 1999)

Jacques CHIRAC

- M. Chirac a déclaré que la situation " indigne " de la communauté harkie était à " inscrire au passif des gouvernements successifs " et que " tous les hommes politiques assument une responsabilité commune ". (Discours de La Roque d'Anthéron- Dépêche AFP - novembre 1991)
- "Le bien et le mal doivent être reconnus et assumés. C'est le moins que l'on puisse attendre d'un peuple adulte qui a fait du combat pour la liberté et la dignité humaine sa mission la plus haute". (16 juillet 1999)

Jean DANIEL, directeur du "Nouvel Observateur"

- Nous avons tous à demander pardon aux harkis. Ce que je fais ici . (Le Figaro 17/18 juin 2000)

Charles DE GAULLE, Président de la République
- Quelle hécatombe connaîtrait l'Algérie si nous étions assez stupides et assez lâches pour l'abandonner. (Conférence de presse radio-télévisée du 23 octobre 1958)

Jean LACOUTURE
- Ce tabou-là n'et pas près d'être levé. Cent mille personnes sont mortes par notre faute. Un massacre honteux pour la France comme pour l'Algérie. Le déshonneur est trop lourd à porter." (Télérama - 13 septembre 1991)

Pierre MESSMER - Ministre des Armées de 1960 à 1969

- Nous aurions pu sauver l'honneur. (Les Blanc s'en vont - Récits de décolonisation - Albin Michel - août 98)

Dominique SCHNAPPER, fille de Raymond Aron

- L'épisode des harkis constitue une des pages honteuses de l'histoire de France, comme l'ont été l'instauration du statut des juifs le 3 octobre 1940, ou bien la rafle du Vel d'Hiv le 16 juillet 1942. Bien des juifs, dont je suis, souhaiteraient que, par un geste symbolique, les autorités françaises d'aujourd'hui reconnaissent la responsabilité de celles d'hier. (Préface du livre "Et ils sont devenus harkis" - M.Hamoumou - Ed. Fayard - 1993)

Témoignage d'Hacène ARFI, fils de harki, blessé à vie
En Algérie, il a vu son père, supplétif de l'Armée française se faire poignarder. Une fois en France, il a découvert la honte et les brimades d'un pays peu reconnaissant. D'autres ont craqué. Lui ne désarme pas : il a créer une association pour soutenir les vieux harkis. Article de Dalila Kerchouche, fille de harkis, paru dans l'Express du 15 mai 1997.

# Posté le lundi 30 janvier 2006 10:28

Modifié le dimanche 11 mars 2007 08:34

Le camp de Rivesaltes

Le camp de Rivesaltes
Avec la guerre d'Algérie, le camp de Rivesaltes accueille des soldats du contingent avant leur embarquement à Port-Vendres. Après les accords d'Evian du 19 mars 1962, des compagnies de supplétifs militaires algériens - Harka - sont rapatriées en métropole et cantonnées dans le camp avec leur famille.
En 1962, l'accueil des harkis fut pour le moins improvisé dans un certain nombre de camps de transit.
La famille de Fatima avait soutenu le FLN, mais son père et son oncle avaient été harkis. En novembre 1962 - Fatima avait huit ans - ils parviennent à quitter l'Algérie et à traverser la Méditerranée. A l'arrivée, un camp militaire entouré de barbelés attend les réfugiés.



L'après-midi tirait à sa fin lorsque les camions s'arrêtèrent dans le camp de Rivesaltes. Des tentes kakis s'étendaient à perte de vue sur une plaine aride. La démesure de ce lieu était en phase avec l'absurdité de notre histoire. Le paysage semblait désertique. Le ciel était gris et très bas. Je fus frappée par la rareté des arbres. Des centaines d'hommes déjà installées dans le camp se précipitèrent pour voir les nouveaux arrivants. Chacun espérait retrouver un des siens. La plupart avaient la capuche de leur burnous sur la tête. Ils avaient le dos courbé par le froid particulièrement rude cet hiver-là et certainement aussi par le poids de leur coeur démesurément grossi. [...]
Un militaire nous indiqua la tente qui nous avait été attribuée. C'étaient de grandes tentes pour dix personnes. Notre famille comptait sept personnes, mes parents et nous, les cinq petites filles. Le militaire nous informa qu'il allait faire venir une autre famille pour compléter l'effectif. [...]
Avant la tombée complète de la nuit, nous prîmes à la lueur d'une bougie notre premier repas français composé de pain et d'une boîte de corned-beef apportés par un militaire. Nous n'avions pas d'électricité, pas de chauffage, et pas de lits pour tous. Les trois plus jeunes furent installées sur les lits de camps. Cette première nuit de notre exil, nous avons dormi sur des couvertures militaires à même le sol, serrés les uns contre les autres pour ne pas mourir de froid. Un vent glacial soufflant des montagnes enneigées des Pyrénées persista toute la nuit et les jours suivants. Dès les premiers jours en France, j'attrapai des engelures aux orteils qui allaient durer pendant des années. Les conditions de vie dans ce camp étaient épouvantables, car rien n'avait été prévu, ni sanitaires, ni eau. Parfois, le vent violent emportait lcs tentes mal amarrées et les familles se débattaient comme elles pouvaient pour replanter les piquets et protéger leurs enfants.
Si nos conditions de vie étaient insupportables, certains d'entre nous vécurent un drame plus grand encore. Le camp militaire de Rivesaltes servait aussi de centre de triage. Nous n'avions pas tous le droit de rester sur ce lieu. Les vieillards et les handicapés étaient dirigés vers le camp de Bias situé dans le département du Lot-et-Garonne. C'est avec déchirement que certaines familles voyaient partir certains des leurs vers celui qui allait être le plus épouvantable des camps de harkis. L'armée avait imaginé de concentrer dans ce centre des réfugiés jugés irrécupérables ou difficiles à reclasser. Ce lieu a longtemps été nommé « le mouroir de Bias ». Plus qu'ailleurs, les enfants qui y grandirent payèrent très cher leur internement et celui de leurs parents. [...]
Le plus humiliant, ce qui laissera en nous des traces indélébiles, c'était de voir nos pères considérés comme des mineurs, obéissant sans discuter aux ordres des militaires. Nous continuions d'être traités en colonisés, et nous vivions avec les complexes des colonisés.

Fille de harki récit autobiographique de Fatima Besnaci-Lancou, publié aux éd. de l'Atelier

# Posté le lundi 30 janvier 2006 10:16

Modifié le mardi 10 juillet 2007 10:34