Dominique Bussereau "Ségolène Royal rassemble des harkis" (Source : Europe 1. Sur Lepost.fr)

Il s'agit de Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports. Invité sur Europe 1.

Rappelons qu'un harki, "dans le langage courant, en France, (...) désigne les supplétifs engagés dans l'armée française de 1957 à 1962, durant la guerre d'Algérie" (Wikipedia)

D'après ce que j'ai compris il utilise le mot "harki" pour désigner des personnes qui votent/agissent par intérêt?
Qu'avez vous compris?

Peut-être devrions nous lui envoyer un dictionnaire avant qu'il ne change la définition de tout les mots?

J'espère que ça va bien tourner dans les médias...

# Posté le mercredi 03 février 2010 15:38

Modifié le mercredi 03 février 2010 15:54

"Trois harkis devant l'Assemblée depuis 7 mois dans l'ignorance" Article publié sur Rue 89, 11 novembre 2009

Depuis sept mois, Zohra, Hamid et Abdalla, trois enfants de harkis, campent devant l'Assemblée nationale sans que personne n'en parle ou presque. Ils ont certes choisi d'investir le flanc est du bâtiment, à l'opposé de l'entrée presse du Palais Bourbon. Mais tout de même : en 200 jours, trois journalistes seulement sont venus leur tendre un micro -Radio Courtoisie, Radio Notre-Dame et France Culture.
Au départ, le but de ces quadras nés ici ou en Algérie, de parents qui avaient choisi la France, était de faire parler de la cause harkie : enchaînement aux grilles, banderoles... et médiatisation attendue. Au bout d'une heure, l'affaire était pliée, direction le commissariat en garde à vue.

A la sortie, ils ont repris le siège, dormant sur un banc, sous une tente ou dans leur break immatriculé dans l'Hérault, qu'ils ont garé face au restaurant « Le Bourbon », QG des députés. C'était en mai.

Or les députés, justement, ont plutôt tendance à les ignorer -à part une poignée, dont l'ex-gréviste de la faim Jean Lassalle (indépendant, Pyrennées-Atlantiques), qui les aurait, disent-ils, encouragés.

Banderoles virulentes et ignorance des députés

Leurs banderoles ne passent pourtant pas inaperçues : « De Gaulle, traître », « La France est raciste ». Certaines sont carrément diffamatoires, mais ça leur est égal. Plus on les ignore, plus ils haussent le ton. Leur but, c'est de réveiller les élus sur le sort des harkis ; leur colère se porte plus particulièrement contre la droite, à laquelle ils ont été fidèles depuis leur première carte d'électeur.

Zohra, fille d'un militaire de carrière qui avait fait l'Indochine, est née à Alger et arrivée en France peu après. Retournée une seule fois en Algérie en 1988, elle dit « La France de mon enfance » quand elle en parle. Elle a toujours voté à droite. Elle s'estime trahie par l'UMP, à commencer par Nicolas Sarkozy, qui s'était engagé en mars 2007, en promettant à une délégation reçue durant la campagne présidentielle :

« Je veux rendre hommage aux soldats que vous fûtes. Des soldats qui ont combattu dans l'armée française contre la rébellion indépendantiste de 1954 à 1962. La Nation a un devoir moral envers vous. (...) Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre de harkis. »

Un recours contre Nicolas Sarkozy devant la justice administrative

Depuis, silence radio du côté de l'exécutif dans ce dossier, dénoncent Zohra, Hamid et Abdalla, qui ont même tenté de déposer un recours devant la justice administrative contre le chef de l'Etat au motif qu'il aura failli à son engagement.

En attendant d'être reçus à l'Elysée, ils harranguent donc les députés, sans croire toutefois à leur pouvoir. Ils ont d'abord crié des slogans contre « Cette France qui a honte de son histoire ». Puis commencé, mi-novembre, à distribuer des tracts.

Avec un résultat plutôt maigre. Mercredi dernier, Dominique Perben longeait ainsi toujours les barrières flanquées de leurs banderoles, les yeux ailleurs. Suivi peu après d'une poignée d'attachés parlementaires, rictus ironique et sourcis levés bien haut.

Plainte contre Jean-Michel Fourgous

Zohra, Hamid et Abdalla semblent presque ragaillardis par le mépris qu'ils ressentent. On les sent parfois tendus, même si une voisine du quartier, doudoune chic et cheveux nattés, vient les encourager. Le 27 octobre, ils ont eu une altercation avec un député UMP des Yvelines, Jean-Michel Fourgous.

Les versions divergent drastiquement : les trois harkis affirment, et écrivent toutes banderoles dehors, que l'élu les as traités de « Sales harkis ». Voici les propos qu'ils attribuent à Fourgous et contre lesquels ils ont porté plainte récemment :

« Il nous a traités de “Sales harkis”, nous a dit : “Retournez chez vous en Algérie avec vos banderoles, vous faites honte à la France ! ” Il nous a dit : “Vous nous faites chier, je vais vous casser la gueule ! ” »


Vendredi soir, Rue89 interviewait l'élu par téléphone, lui apprenant au passage l'existence de cette plainte :

« Franchement, j'en suis à mon troisième mandat, vous croyez vraiment que je vais m'amuser à insulter des harkis devant l'Assemblée nationale de bon matin ? Ce n'est pas sérieux ! Eux, en revanche, sont extrêmement agressifs, insultants. Ils nous disent d'ailleurs qu'ils n'ont aucun respect pour les députés. Tout ce qu'ils font, c'est instrumentaliser la cause harkie. »

Militants de la troisième génération ?

Tous trois militent depuis l'adolescence pour la cause harkie, même si Abdalla est né en France, en 1966. A l'époque, ses parents vivaient parqués dans le camp du Larzac, au milieu d'autres familles exilées. Il déplore encore que la France aie « désarmé » les siens et parle des combattants pro-indépendance du FLN comme de barbares sanguinaires.

Zohra et Hamid, eux, ont eu ensemble quatre enfants qui ont aujourd'hui moins de 30 ans. Eux ne militent pas et ne sont « pas encore » venus rendre visite à leurs parents sur la petite place triangulaire qui jouxte l'Assemblée.

Difficile de mobiliser la troisième génération autour d'une cause dont on parle peu ? Zohra veut croire que non. En attendant d'être entendus, ils se réchauffent dans leur voiture où ils potassent les dossiers qu'ils ont amassés sur l'histoire des leurs. Au-dessus de l'autoradio, trône aussi l'annuaire des députés, qu'ils mémorisent afin de reconnaître ceux qui détournent les yeux.

(Source: Rue 89)

# Posté le jeudi 28 janvier 2010 05:44

Le massacre de Melouza

C'est en 1956 que le douar de Melouza, gros bourg assez riche au nord de M'Sila, était passé au F.L.N. Et cela à la suite d'une opération de représailles menée par l'armée française. Un capitaine avait été tué dans une embuscade tendue par un groupe rebelle. Un lieutenant-colonel avait appliqué une méthode qu'il perfectionnera plus près d'Alger. Il fit fusiller quelques suspects arrêtés à la suite de cette affaire, puis disposa leurs cadavres sur le toit d'un car auquel il fit parcourir les routes et pistes praticables de la région de Melouza. A titre d'exemple du sort qui attendait désormais ceux qui aideraient le F.L.N. et se rendraient ainsi responsables d'assassinat. Ce lieutenant-colonel s'appelait Antoine Argoud.

A partir de Melouza, le F.L.N. essaya de gagner à sa cause l'importante population des Beni-Illemane. Mais la population arabe qui voyait d'un mauvais oeil ces fellaghas kabyles lui imposer un impôt et une aide qui la désignerait immanquablement aux coups de l'armée, se rebella. Et avec quelle violence ! Successivement un officier F.L.N. et plusieurs sous-officiers furent donnés aux forces de l'ordre. Puis trois agents de liaison envoyés par la wilaya 3 à la wilaya 6 furent abattus. Un sergent et son secrétaire qui avaient demandé asile furent exécutés à coups de hachette.

La situation, qui devenait critique pour le F.L.N., provoqua la réaction du chef de la wilaya kabyle, Mohammedi Saïd. Il résolut de montrer sa fermeté et donna ordre au capitaine Arab d'encercler les villages du douar Beni-Illemane, de mesurer les réactions de la population et, en cas de riposte, d'en abattre les habitants. Arab, un ancien chauffeur de taxi parisien d'une cinquantaine d'années, réunit tous les hommes disponibles de sa région et se mit en route à la tête de trois cent cinquante hommes armés de fusils, pistolets mitrailleurs, F.M. et fusils de chasse.

A 2 heures du matin, le 28 mai 1957, Abdelkader Sahnoun, à qui le capitaine Arab a donné ordre d'abattre tous les hommes de Beni-Illemane, commence l'encerclement du douar à la tête de six sections de l'A.L.N. L'alerte est donnée à 8 heures alors qu'ils sont encore sur les collines avoisinantes. Au village, c'est l'affolement. Quelques hommes tentent d'organiser la résistance. Ils stoppent l'avancée des hommes du F.L.N. Mais les munitions s'épuisent. A midi, le dernier défenseur armé tombe à l'entrée du village. Et c'est la ruée sauvage. De tous côtés les djounoud font sortir les hommes des misérables gourbis où, terrorisés, ils se sont réfugiés. Les femmes hurlent. C'est la panique. Les hommes qui résistent sont abattus. Une heure plus tard, trois cent quatre hommes du village sont rassemblés, misérable troupeau, accroupis sur la place de la mechta, mains sur la tête. Hébétés. A coups de crosse, au milieu des gémissements des femmes et des cris des enfants, les hommes du F.L.N. les obligent à se lever et les font avancer par un sentier de chèvres en direction de Mechta­Kasba, petit hameau d'une dizaine de familles, situé non loin du village... Abdelkader Sahnoun et le capitaine Arab ont décidé de frapper les esprits et de massacrer leurs prisonniers dans cette mechta.

A 14 heures, c'est l'arrivée à Mechta-Kasba, d'où les femmes et les enfants ont déjà été chassés par un groupe avancé. Une dizaine d'hommes ont été gardés et voient arriver la malheureuse caravane. Alors, tout va très vite. Dans ce petit village aux maisons basses faites de pierres entassées à tel point que, de loin, elles se confondent avec le paysage de rochers et d'éboulis, les hommes d'Arab entassent les trois cent quinze hommes dans les gourbis. Plus de trente par maison ! Et c'est le massacre, la folie sanguinaire. Au fusil, au couteau, à coups de pioche, les fellaghas taillent en pièces leurs prisonniers. Ceux qui tentent de s'échapper sont abattus d'une rafale de mitraillette. Des flots de sang s'écoulent maintenant des maisons transformées en abattoirs humains. Le massacre dure une demi-heure à peine. Aux cris, aux supplications, aux coups de feu, aux hurlements des djounoud déchaînés succède un silence pesant. Abdelkader Sahnoun réunit ses hommes. Il faut fuir. Maculés du sang de leurs victimes, les yeux égarés, ils regagnent la zone de leurs refuges.
A cette même heure, le capitaine Combette recevait le compte rendu d'une reconnaissance aérienne. D'après le rapport l'observateur signalait des mechtas qui brûlaient. Il était 17 h 30 lorsqu'il arriva avec une quinzaine d'hommes et un half-track aux premières mechtas du douar. Les femmes affolées couraient en tous sens, prononçant des paroles inintelligibles. Il fut très difficile de savoir immédiatement ce qui s'était passé. Vers 18 h 30 quelques hommes commencèrent à réapparaître. L'un d'eux, encore sous le coup de l'émotion, expliqua à Combette incrédule le déroulement du raid F.L.N.

Les renseignements affluèrent dans la soirée. Le massacre s'était produit à Mechta-Kasba. Combette devait attendre des renforts avant de s'y rendre. Si tout était fini là-haut il était préférable de soigner les blessés signalés par des patrouilles dans de nombreuses mechtas et surtout de protéger la population terrorisée qui s'attendait à de nouvelles actions punitives du F.L.N. Combette consacra la journée du 29 à ces différentes tâches. Des hélicoptères évacuèrent les blessés les plus graves. Les infirmiers des unités engagées s'occupèrent des blessés légers. Dans le courant de la journée, recoupant les témoignages qui maintenant arrivaient en masse, Combette évalua le massacre à au moins deux cents morts.
Le 30, à 9 heures du matin, accompagné par deux pelotons à pied et par une cohorte de femmes folles d'inquiétude, il arriva à Mechta-Kasba. Une effroyable puanteur planait sur le village. Combette marqua un temps d'arrêt.

Les femmes, jusque-là maintenues par un cordon de troupes, se précipitèrent. Aussitôt des cris affreux retentirent. Hagardes, se déchirant le visage de leurs ongles, comme prises de folie, elles allaient d'une maison à l'autre, glissant dans des flaques de sang gluant, retournant les cadavres pour retrouver un fils, un frère, un mari. Le village n'était plus qu'un hurlement. Les soldats découvraient à leur tour le massacre. Dans chaque gourbi le même spectacle. Des corps affreusement mutilés, des cadavres dont le visage gardait l'empreinte d'une terreur indicible, et du sang partout, en mares, en plaques, en traînées, sur le sol et sur les murs. Et, flottant dans l'atmosphère, cette odeur lourde, chaude et fade, horrible, du sang et des corps en décomposition.


(Source : http://www.histoire-en-questions.fr/)

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# Posté le jeudi 28 janvier 2010 04:31

Mise au point sur le terme de "harkis"...

Mise au point sur le terme de "harkis". Par Valérie Morin (Histoire-Géographie)
Les « harkis » ou supplétifs de l'armée française
En Algérie, l'armée française était constituée de trois types de corps : les militaires de carrière, le contingent et les groupes de supplétifs indigènes, recrutés localement pour faire face à des besoins ponctuels. Ce sont ces derniers que l'on regroupe communément sous le nom de « harkis ». En réalité, ils comprennent des corps assez divers.
A l'intérieur de l'armée de métier française, il existait aussi des bataillons de soldats coloniaux dont la plupart avaient été mobilisés en Indochine. Lorsque débute l'insurrection algérienne, en novembre 1954, la majorité des troupes coloniales se trouvent en Indochine et le recours aux supplétifs a donc rapidement permis de renforcer les troupes régulières en Algérie. Il n'a cessé d'augmenter tout au long du conflit, leur nombre culminant au début de l'année 1961.
Les supplétifs sont des combattants volontaires pour la plupart , auxiliaires de l'armée française, qui n'ont pas le statut des militaires d'active. Ils ont toujours été utilisés par l'armée française, y compris lors de la conquête (1830-1870). Leur présence ne naît donc pas avec 1954.
Leurs motivations à l'entrée dans ces groupes sont variables : envie de défendre son village contre les agressions du FLN, raisons financières, raisons personnelles (un des membres de sa famille ayant été victime du FLN), fidélité à la France . Après le massacre de Mélouza , l'armée note de nombreux engagements volontaires (multipliés par 4 dans l'année 1957) dans les harkas.

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 20:55

Amère Patrie

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 20:12